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News publiée le 30/01/2009

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Les substituts nicotiniques: efficacité dans le sevrage tabagique

Une équipe française vient de prouver que la nicotine seule ne suffit pas à déclencher l'état de dépendance chez les fumeurs. D'autres composés du tabac s'avèrent indispensables pour en révéler le pouvoir addictif. Ceci explique également pourquoi les substituts à la nicotine utilisés dans le sevrage tabagique sont inefficaces à long terme.

Les drogues comme la cocaïne, les amphétamines, la morphine ou encore l'alcool entraînent une dissociation (ou « découplage ») entre deux ensembles de neurones, noradrénergiques et sérotoninergiques. Le premier ensemble est chargé de mettre en valeur les événements extérieurs, l'autre de réguler les impulsions. Les personnes dépendantes ressentent les stimuli environnementaux de façon plus intense (y compris le désir du produit) et perdent la possibilité de contrôler leurs impulsions. En temps normal, ces deux circuits de neurones se contrôlent mutuellement. Mais le découplage entre les deux entraîne un déséquilibre qui semble responsable des processus d'addiction, la personne dépendante ne pouvant plus réfréner son attirance vers le produit.

Il se trouve que la nicotine, contrairement aux autres drogues, n'entraîne pas ce découplage. Pour essayer de comprendre pourquoi le tabac possède, malgré tout, un très fort potentiel addictif, les chercheurs se sont donc intéressés à ses autres composés. Dans cette étude française, les scientifiques prouvent que c'est l'association de nicotine avec d'autres produits contenus dans le tabac, les inhibiteurs de monoamine oxydases (IMAO), qui entraîne ce découplage. Plus précisément, ils montrent que les IMAO permettent de révéler les propriétés addictives de la nicotine parce que ces derniers annulent l'action d'une protection naturelle que possèdent les neurones sérotoninergiques vis-à-vis de la nicotine : le récepteur sérotoninergique 5-HT1A. L'effet de la nicotine sur la libération de sérotonine est si intense qu'il se produit en quelques fractions de secondes un « rétro-contrôle » qui bloque alors la libération de sérotonine. Ce phénomène de « rétro contrôle » n'est possible que lorsque ces récepteurs 5-HT1A jouent leur rôle protecteur. Sans cette protection, les neurones sérotoninergiques sont sur activés par la nicotine, ils se découplent et déclenchent le processus de dépendance.

En conclusion de ce travail, les auteurs expliquent donc pourquoi les thérapies actuelles de sevrage tabagique échouent dans un grand nombre de cas. Chez les candidats à l'arrêt du tabac, les chewing-gums et les patchs sont efficaces au début du traitement, tant que les effets des IMAO persistent. Mais au bout de quelques semaines de sevrage l'absence de tabac (et donc d'IMAO), autorise le retour de la protection naturelle. La nicotine seule ne suffit plus comme produit de substitution.

La Rédaction
D’après un communiqué de presse du centre national de la recherche scientifique (23 janvier 2009, Paris): Sevrage tabagique: quelle efficacité pour les substituts nicotiniques?
http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1498.htm
Site bilingue français/anglais. Consulté en janvier 2009.


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