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News publiée le 13/02/2009

GIRTAC, VIBAST, diffu-sciences

Prendre des médicaments anticoagulants

De très nombreuses personnes doivent prendre des anticoagulants, ce qui n’est pas sans risques. De fréquents contrôles doivent être effectués et il est prouvé que lorsque ces contrôles sont faits par le patient lui-même, le traitement est mieux conduit, plus efficace et plus sûr. Mais la Belgique ne rembourse pas les appareils d’auto-contrôle.

Un très grand nombre de personnes sont amenées à prendre des médicaments anticoagulants, pour toutes sortes de raisons. Dans certains cas, comme par exemple après une intervention chirurgicale qui entraîne un risque de thrombose ou d’embolie, c’est provisoire. Dans d’autres cas, qui sont les plus nombreux, la prise d’anticoagulants est à vie. Les personnes victimes d’un infarctus, celles qui portent des valves artificielles et bien d’autres encore sont soumises à cette contrainte. Au total, on estime que plus de 120.000 personnes sont dans le cas en Belgique.

Ni trop, ni trop peu

Le problème avec ce type de médicaments, c’est qu’il n’en faut ni trop, ni trop peu. Si on n’en prend pas suffisamment, ils n’ont pas d’effet et le patient risque quand même la thrombose et/ou l’embolie. Si on en prend trop, c’est l’hémorragie qui menace. On a compris qu’il faut effectuer des contrôles fréquents pour s’assurer qu’on est dans le bon. Les patients sous anticoagulants sont réunis en une association appelée GIRTAC/VIBAST (www.girtac.be) dont le principal objectif est d’aider ses membres à mieux gérer leur traitement. Un des combats que mène l’association est de tenter de promouvoir l’auto-contrôle de la coagulation par le patient lui-même.

Une preuve de plus

L’auto-contrôle implique de la part du patient une meilleure connaissance de sa pathologie et donc une gestion individuelle et responsable des doses d’anticoagulants. L’auto-contrôle de l'anticoagulation n'est pas seulement sécurisant et réalisable, même par les personnes âgées disposées à participer à un traitement structuré et un programme de formation. Il réduit la fréquence des saignements majeurs et des complications thromboemboliques graves.

Il y a quelques jours, la Société Européenne de Thrombose et Hémostase publiait dans sa revue scientifique les résultats d’une étude consacrée à l’autocontrôle de l’anticoagulation. Dans cette étude, les patients étaient âgés de 60 ans et plus et ont été répartis au hasard en deux groupes. L’un pratiquait l’auto-contrôle, l’autre était suivi classique par le médecin, qui demandait au laboratoire de faire les contrôles. L’étude a duré trois ans.  Pendant le suivi, la qualité du contrôle de l'anticoagulation était significativement meilleure lorsque ce dernier était pratiqué par le patient lui-même (auto-contrôle) que dans le groupe qui bénéficiait d’un suivi classique. Chez les personnes âgées, l’auto-contrôle à long terme est donc supérieur, aussi bien pour la prévention des complications thrombo-emboliques graves et des saignements que pour la qualité du contrôle de l'anticoagulation (qualité de vie) par comparaison au contrôle classique en laboratoire pendant une période de 3 ans

Un fait acquis

Ce n’est pas nouveau. Les travaux qui font une synthèse statistique rigoureuse (méta-analyses) des études déjà publiées montrent depuis plusieurs années que l’auto-contrôle de l'anticoagulation orale réduit de façon majeure les saignements, les  thromboses et les embolies dans une large population de patients. Mais ce qu’apporte la nouvelle étude citée plus haut, c’est la preuve que ce bénéfice est vrai aussi chez les personnes âgées. La fréquence des complications inévitables de l'anticoagulation orale et celle des événements hostiles est particulièrement élevée chez les personnes âgées. A ce jour, aucune étude multicentrique randomisée n'avait encore montré l'efficacité de l’auto-contrôle de l'anticoagulation exclusivement chez les personnes âgées.

Appel au remboursement

L’utilisation d’appareils d’autocontrôle permet aux patients de gérer le traitement avec une grande efficacité. Dans la plupart des pays européens, le remboursement de l’auto-contrôle est chose acquise depuis plusieurs années. Dans notre pays, malgré la demande faite depuis plusieurs années, ce remboursement n’est toujours pas accordé. Les patients le réclament avec force.  

La Rédaction
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