La News

News publiée le 24/02/2009

Un nouveau moyen pour la thérapie génique , diffu-sciences

Un nouveau moyen pour la thérapie génique

Un modèle original de parasitisme vient d’être identifié. Les guêpes pondent leurs œufs dans les chenilles et pour les protéger, elles injectent simultanément des particules virales pour contourner les défenses de leur hôte.

Pour se perpétuer, les guêpes appartenant à une famille dite des « braconides » doivent pondre leurs œufs dans des chenilles dont leurs larves se nourriront après éclosion. Mais ces chenilles constituent un milieu hostile : elles sont pourvues d'un système de défense efficace qui forme une capsule de cellules immunitaires autour des corps étrangers. Pour contourner ces défenses, au moment de la ponte dans la chenille, les guêpes injectent des particules fabriquées dans leurs ovaires. Ces particules pénètrent dans les cellules de la chenille. Elles induisent une immunosuppression et contrôlent le développement de la chenille, permettant la survie des larves de guêpe.

Un phénomène élucidé

Des chercheurs français ont montré que les particules injectées par ces guêpes sont de nature virale, mais que les gènes codant pour les composants de ces virus résident en fait dans le génome de la guêpe. Plus de vingt gènes différents codant pour des composants caractéristiques des nudivirus (des virus d'insectes, sans enveloppe, utilisés en lutte biologique) sont exprimés dans les ovaires de la guêpe. Le génome empaqueté dans ces particules est composé d’ADN à double brin et n’encode aucune protéine structurale du virus. Son expression dans la larve provoque la suppression des défenses de l’hôte.

Ces insectes ont donc « domestiqué » un virus pour en faire un vecteur de transfert de leurs gènes. L'étude de ce phénomène est particulièrement intéressante pour concevoir de nouveaux vecteurs de thérapie génique. Celle-ci consiste à introduire des gènes dans des cellules ou des tissus d'un individu pour traiter une maladie. Ce transfert de gènes est possible grâce à un virus inactivé utilisé comme vecteur. Les particules des guêpes parasites sont en fait de véritables vecteurs « naturels », sélectionnés il y a plusieurs millions d'années pour exercer cette fonction et capables de transférer de grandes quantités de matériel génétique. Comprendre comment elles y parviennent pourrait donc s'avérer très utile pour la conception de nouveaux vecteurs thérapeutiques.

La Rédaction
Bézier A, Annaheim M, Herbinière J et al. Polydnaviruses of braconid wasps derive from an ancestral nudivirus. Science. 2009; 323: 926-30
D’après un communiqué de presse du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) (Paris, 13 février 2009) : les guêpes parasites pratiquent la thérapie génique depuis 100 millions d'années.
http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1533.htm
Site en français. Consulté en février 2009.


Pour vous inscrire à la Newsletter, veuillez simplement enter votre adresse mail ci-dessous et cliquez sur "envoyer".




Partenaires

ligue_cardiologique_belge