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News publiée le 02/04/2009

La génétique et le coeur, diffu-sciences

La génétique et le coeur

Il sera peut-être possible dans un avenir proche de mieux prédire grâce à la génétique le risque d’infarctus qu’on ne le fait actuellement. On pourra peut-être même prédire l’évolution probable de l’infarctus lorsqu’il est malheureusement survenu.

Les principaux facteurs de risque de l’infarctus du myocarde (du coeur) sont aujourd’hui bien connus : tabagisme, alimentation trop riche, manque d’activité physique, stress, … ces facteurs de risque favorisent l’artériosclérose, qui est la véritable cause de l’infarctus lorsqu’elle atteint un certain degré d’importance. Mais nous n’avons pas tous la même résistance à ces facteurs de risque parce que nous n’avons pas tous le même héritage génétique. C’est heureux car la nature, tout en nous faisant tous égaux, nous a donné des atouts différents aux uns et aux autres. Ainsi, nous sommes plus mieux armés contre certaines affections que contre d’autres maladies et nous le sommes moins face à d’autres. Mais celles auxquelles nous pouvons faire face plus efficacement et celles pour lesquelles nous sommes plus vulnérables ne sont pas les mêmes pour tous.

Une variante génétique

C’est bien le cas pour l’infarctus. Une étude italienne vient d’être réalisée dans plus de cent « unités coronaires », centres spécialisés. Dans une première partie de l’étude, 2000 patients qui ont été victimes d’un infarctus avant l’âge 45 ans ont été comparés à des personnes de même âge et de même sexe qui n’ont pas vécu ce drame. Dans une deuxième phase de l’étude, 1508 patients qui ont eu un infarctus mais qui pour une raison ou une autre n’ont pas pu bénéficier d’une intervention appelée angioplastie percutanée au moment de leur accident de santé cardiaque.

Chez les patients qui ont eu un infarctus alors qu’ils étaient encore jeunes, les chercheurs ont trouvé sur le chromosome 9 une variante génétique qui influence la progression de l’artériosclérose cours de la maladie et la probabilité de devoir subir à long terme une intervention pour infarctus ou artériosclérose des artères du coeur. Il semble bien que l’influence de ce facteur génétique soit plus forte lorsque l’infarctus survient à un jeune âge que lorsqu’il survient plus tard. Il favoriserait même dans ce cas chez les porteurs le risque d’être victime d’une récidive de l’infarctus. Et la seconde partie de l’étude a malheureusement montré que l’évolution de la maladie est plus souvent défavorable chez les porteurs de cette variante génétique que chez les autres personnes.

Pas de fatalité

Alors, y aurait-ils des personnes condamnées à l’infarctus grave ? Pas du tout. D’abord, il s’agit d’une première étude et la science a besoin de confirmations avant d’estimer que les choses sont bien ainsi. Ensuite, il n’est question que de probabilité accrue sur base génétique. Et c’est le mode de vie qui fait le reste. Par conséquent, la personne qui mène une vie saine et évite les facteurs de risque diminue sa probabilité d’être victime d’un infarctus, quel que soit son patrimoine génétique.

La Rédaction
D’après une communication à la 58e Session scientifique du Collège américain de Cardiologie (Orlando. USA, 28-31 mars 2009).


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