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News publiée le 10/07/2009

infection nosocomiale, diffu-sciences

Infections nosocomiales: comprendre la propagation des bactéries.

Réussir à comprendre et surtout quantifier les modes de propagations des bactéries apparaît aujourd’hui comme crucial pour permettre la mise en place de mesures de santé publique efficaces.

En Europe, les infections nosocomiales, celles qu’on attrape àl’hôptal, touchent 5 à 12% des patients hospitalisés. Elles entraînent chez les personnes qui les contractent, une mortalité accrue, des séjours hospitaliers prolongés et des traitements coûteux (antibiotiques, intervention chirurgicale…). Au risque d’infection, s’ajoute dans un certain nombre de cas, celui de la résistance des bactéries aux antibiotiques. Les facteurs qui affectent la transmission de ces infections bactériennes peuvent être liés à l’individu et notamment son exposition individuelle à un ou plusieurs antibiotiques, à la dynamique des contacts entre les personnes, à l’environnement et à la bactérie elle-même.

Comprendre la transmission

Des chercheurs français ont entrepris un projet dans le but de suivre conjointement l’ensemble des facteurs ayant une influence sur la diffusion des bactéries au sein d’une population hospitalière délimitée. Plus de 800 personnes ont été recrutées afin de comprendre pourquoi certaines bactéries telles que les staphylocoques dorés et les entérobactéries arrivent plus facilement que d’autres à se transmettre parmi les personnes qui sont hospitalisées ou qui travaillent à l’hôpital. L’objectif était de comprendre la dynamique de transmission des bactéries responsables d’infections nosocomiales. Les unités de long ou moyen séjour sont le plus souvent considérées comme des « réservoirs » d’infection en ce qui concerne la colonisation par les bactéries résistantes. Les patients admis en médecine physique et en réadaptation et qui proviennent des soins intensifs et de réanimation portent de multiples facteurs de risque de porter des bactéries résistantes : hospitalisation prolongée, procédures chirurgicales (neurochirurgie, orthopédie), actes invasifs (cathéter central, intubation), exposition multiple aux antibiotiques. Les nombreux transferts au sein de ces services amplifient la dissémination de bactéries résistantes, ce qui leur confère aussi un rôle central dans la mise en place de stratégies de lutte. Une fois la collecte des bactéries réalisée, les chercheurs vont utiliser les techniques de biologie moléculaire les plus récentes, pour comparer et tracer les lignées de bactéries entre elles. En pratique, les espèces bactériennes seront identifiées puis leur sensibilité aux antibiotiques sera évaluée.

Un projet ambitieux

Grâce aux données collectées et au développement d’outils informatiques et de méthodologies statistiques, les chercheurs espèrent être en mesure d’estimer la responsabilité relative de l’exposition aux antibiotiques et des contacts humains dans la propagation des infections nosocomiales de staphylocoques dorés et entérobactéries. Il s’agira également de déceler quelles sont les souches bactériennes les plus aptes à se disséminer. Ensuite, il faudra identifier chez ces bactéries les facteurs génétiques impliqués dans leur aptitude à provoquer des épidémies.

La Rédaction
D’après un communiqué de presse de l’Institut Pasteur
http://www.pasteur.fr/ip/portal/action/WebdriveActionEvent/oid/01s-000034-004
Site bilingue français/anglais. Consulté en juillet 2009.


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