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News publiée le 05/11/2009

Faire sauter la bombe des microbes, diffu-sciences

Faire sauter la bombe des microbes

Les microbes contiennent de véritables bombes à retardement capables de les faire sauter. Si on pouvait déclencher cette bombe, on disposerait de nouveaux moyens de lutter contre les maladies infectieuses. Des chercheurs belges viennent d’ouvrir une voie de recherche dans ce sens.

Notre patrimoine génétique est constitué d’une molécule géante très complexe, l’acide désoxyribonucléique, qui est répartie en fragments appelés chromosomes. Il contient toutes les informations qui permettent à notre organisme de se former et ensuite de fonctionner correctement. Si une erreur ou un changement s’y introduit, nous pouvons être victimes de malformations, être malades ou même ne plus être capables de vivre et donc, mourir. C’est la même chose pour tous les êtres vivants.

L’instrument du suicide

Dans le patrimoine génétique des bactéries se trouve un système de gènes appelé toxine-antitoxine, destiné à assurer la protection des gènes les plus importants. Ce système se trouve lui-même à proximité des gènes qu’il est sensé protéger. Il contient à la fois des instructions pour la formation d’une toxine et pour celle d’une antitoxine. Mais si une erreur ou des dégâts surviennet au niveau de l’ADN du système toxine-antitoxine, la production de ces deux substances est arrêtée. Et comme la toxine déjà produite avant le dommage de l’ADN est plus stable que l’antitoxine, elle persiste plus longtemps que cette antitoxine dans la bactérie et elle devient toxique pour le microbe lui-même. Sans compter que les gènes importants qui devaient être protégés par ce système ne le sont plus. La bactérie ne peut plus se reproduire.

On trouve donc là une cible potentielle pour le traitement de certaines maladies infectieuses : une bactérie appelée Escherichia coli, présente dans notre intestin et dont certaines variétés peuvent être sources de diarrhées plus ou moins graves, possède cinq systèmes toxine-antitoxine. Celle de la tuberculose, qui commence à poser de sérieux problèmes de résistance, en contient pas moins de soixante.

Les mécanismes mieux compris

Jusqu’à présent, on ne comprenait pas bien le mécanisme d’action du système toxine-antitoxine. Des chercheurs de la Vrije Universiteit Brussel, Nathalie De Jonghe et Remy Loris et leur équipe, ont étudié ces mécanismes en profondeur et les ont largement élucidés. Cela ouvre des voies de recherche très innovantes dans la lutte contre les maladies infectieurses. Connaissant mieux les mécanismes de ce système, on peut maintenant rechercher des subssstances qui imitent les effets de la toxine ou qui bloquent l’antitoxine ou encore qui perturbent les interactions entre les deux. C’est une belle perspective car la recherche de nouveaux antibiotiques est de plus en plus difficile à causse des résistances microbiennes de plus en plus fréquentes et de plus en plus complexes.

La Rédaction
Communiqué de presse de la VUB « Bacteria pack their own demise » (juillet 2009)


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