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News publiée le 09/11/2009

Pollution, bidon, bactérie, diffu-sciences

Une drôle de bactérie nous protège

On n’arrête pas le progrès mais il y a un prix : la pollution. Des chercheurs américains viennent de publier les résultats des travaux qu’ils ont menés sur une bactérie pas comme les autres, qui pourrait bien nous aider dans la dépollution des sols.

Le chlorure de vinyle est toxique pour la santé. Il est même cancérigène. C’est un produit intermédiaire de fabrication dans l’industrie chimique et il n’existe pas sous forme de produit fini pour usage par les consommateurs. Il sert notamment à fabriquer un polymère appelé chlorure de polyvinyle. Mais ce produit intermédiaire est un polluant. Bien que des mesures soient prises pour éviter sa dispersion dans l’environnement, on en trouve dans certains milieux, ne fût-ce que parce que des émissions ont eu lieu avant qu’on en connaisse la toxicité et que des mesures soient prises.

Respirer le polluant

Il existe quelques espèces de bactéries capables d’utiliser et de dégrader le chlorure de vinyle dans l’environnement. Elles appartiennent au groupe des Dehalococcoides, un nom plus que bizarre, il faut bien le reconnaître. L’intérêt pratique de ces bactéries est qu’elles sont capables de dépolluer les sols contaminés par du chlorure de vinyle. Il y a donc intérêt à bien les connaître afin de pouvoir les utiliser dans des applications écologiques. Un groupe de chercheurs américains appartenant à plusieurs universités et institutions de recherche vient de contribuer de manière importante à leur connaissance en comparant leur génome complet à celui d’autres bactéries, pour en tirer des enseignements sur leur origine, leur mode de fonctionnement et – indirectement - sur la manière d’optimaliser leur utilisation en décontamination.

Un nouveau type

L’étude de ce type de bactérie correspond aussi à la découverte d’un nouveau mode de respiration par les êtres vivants. Nous respirons pour capter l’oxygène indispensable à notre survie mais tous les organismes ne vivent pas de cette manière. Certaines bactéries, par exemple, ne peuvent pas vivre en présence d’oxygène. On les appelle anaérobies un certain nombre d’entre elles ont besoin d’azote pour assurer leur survie. Mais des anaérobies qui respirent le chlorure de vinyle, c’est aussi inattendu qu’exceptionnel dans l’état actuel des connaissances. Et comme le chlorure de vinyle est très présent dans les sols des pays industrialisés, elles ont sans doute un bel avenir devant elles. Les chercheurs qui les ont étudiées en profondeur considèrent que c’est là un remarquable exemple d’adaptation des micro-organismes aux changements de l’environnement et à la « cohabitation » avec les humains.

La Rédaction
McMurdie PJ, Behrens SF, Müller JA, Göke J, Ritalahti KM, et al. (2009) Localized Plasticity in the Streamlined Genomes of Vinyl Chloride Respiring Dehalococcoides. PLoS Genet 5(11): e1000714. doi:10.1371/journal.pgen.1000714


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