La News

News publiée le 26/11/2009

Sommeil perturbé et risque d'asthme , diffu-sciences

Sommeil perturbé et risque d'asthme

Des réveils nocturnes fréquents jusqu'à l'âge de 3 ans prédisposeraient les enfants à la survenue ultérieure d'un asthme non allergique.

Depuis des décennies, le nombre d'heures de sommeil ne cesse de diminuer dans toutes les tranches d'âge. Cela peut-il avoir des conséquences pour la santé, en particulier pour les enfants et pour les adultes qu’ils deviendront?

Quatorze ans

Pour le savoir, des chercheurs australiens et canadiens, sous la direction d'Anita Kozyrskyj (service de pédiatrie de l'université d'Alberta à Edmonton au Canada), ont suivi 2400 enfants depuis la naissance jusqu'à l'âge de 14 ans. Ces enfants étaient originaires de Perth (Australie), nés entre 1989 et 1991 et leurs mères avaient été recrutées au deuxième trimestre de la grossesse dans des maternités de la région. Les résultats obtenus à l’issue de cette étude devraient inciter à prendre en charge très précocement les troubles du sommeil des enfants. Cette étude prospective réalisée sur plus de 14 ans montre tout d'abord que, parmi les 2398 bébés de cette cohorte qui ont été revus à l'âge d'un an, un peu plus d'un tiers (39,2% ) avaient un sommeil haché. Trois enfants sur dix se réveillaient occasionnellement et 31% dormaient en revanche paisiblement. Les enfants dont le sommeil était fragmenté venaient plus souvent de familles à bas revenus et sujettes à des stress familiaux intenses. Plus tard, la fréquence des troubles du sommeil a légèrement diminué, puisque seulement 27,2% des enfants avaient encore un sommeil fragmenté à l'âge de trois ans et qu'ils n'étaient plus que 13,6% à la fin des deux années suivantes.

Plus que doublé

Mais ce qui est le plus spectaculaire, et qui constitue une première, c'est la découverte par l'équipe d'Anita Kozyrskyj que des troubles du sommeil qui persistent pendant les trois premières années sont associés ultérieurement, de façon significative, à un asthme non allergique. Un tel asthme se manifeste lors d'un exercice physique, par temps froid ou à l'occasion d'une infection virale, plutôt que sous l'effet d'allergènes tels que des pollens ou des poils d’animaux par exemple, comme c’est le cas dans l’asthme allergique. Les chercheurs n'ont en revanche retrouvé aucun lien entre un sommeil fragmenté et un asthme allergique.

Une explication ?

Cela pourrait s’expliquer par le fait que certains médiateurs de l’inflammation sont à la fois associées au contrôle du sommeil et impliqué dans l'hyperactivité bronchique chez les enfants dont la constitution ne prédispose pas particulièrement aux allergies. Mais ce lien reste à prouver. La conclusion est qu’il y a intérêt à protéger le sommeil de nos enfants, en quantité et en qualité.

L'article correspondant à cette étude paraîtra dans l'édition papier de l'European Respiratory Journal (ERJ) datée de décembre 2009. L'ERJ est la publication scientifique officielle la Société Européenne de Pneumologie (ERS).

La Rédaction
Communiqué de presse de l’European Respiratory Journal


Pour vous inscrire à la Newsletter, veuillez simplement enter votre adresse mail ci-dessous et cliquez sur "envoyer".




Partenaires

ligue_cardiologique_belge