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News publiée le 04/01/2010

De l’épiderme à partir de cellules souches, diffu-sciences

De l’épiderme à partir de cellules souches

Une équipe de chercheurs français, est parvenue à réaliser un épiderme complet en faisant se développer des cellules souches embryonnaires humaines dans un milieu approprié.

Chez les grands brûlés, il faut favoriser la cicatrisation des plaies en les recouvrant de peau. De plus, l'étendue et la profondeur des lésions mettent la vie en jeu. Il faut donc disposer d'épiderme humain en grande quantité.

Aujourd'hui, on réalise les greffes des grands brûlés à partir de la culture de cellules de peau du patient lui-même, ce qui nécessite environ 23 jours. Pendant ce temps, le patient doit être protégé contre les infections et la déshydratation de l'organisme. On n'avait à présent à disposition que la peau saine restante des brûlés, dont la surface n'était pas toujours suffisante à panser les blessures. L’utilisation de peaux d’animaux ou même de peau de donneur se heurte au risque de rejet.

Avec des « nourrices »

Une équipe de chercheurs français dirigée par Marc Peschanski et Christine Baldeschi a obtenu un épiderme complet grâce à la mise en culture des cellules souches embryonnaires. Ces cellules ne portent pas les antigènes reconnus comme étrangers par le corps du receveur et on ne s’expose donc pas au rejet. Pour l'obtenir, les chercheurs ont les mises en culture pendant 40 jours en les mêlant à des cellules nourricières. Celles-ci leur envoient des signaux chimiques qui favorisent leur transformation en cellules de peau (kératinocytes) adultes. Ces dernières fabriquent de la kératine, protéine fibreuse et insoluble dans l'eau qui imperméabilise la peau et lui permet d'assurer la protection de l'organisme vis-à-vis de l'extérieur.

Complètement renouvelée

Cette culture combinée a permis d'obtenir un épiderme complet, constitué de multiples couches de kératinocytes. Ce tissu organisé et vivant pourrait être produit en grande quantité et congelé. Des greffes ont été réalisées chez des souris. Au bout de 12 semaines, elles présentaient des surfaces de peau qui présentaient toutes les similitudes existant avec une peau humaine mature. Plus encore, cette peau humaine s'est complètement renouvelée tous les mois complètement. Si l'application à l'homme est visée, elle n'est pas encore au point. il faudra encore attendre des tests plus spécifiques avant de pouvoir considérer qu’il est possible d’utiliser cette technique en clinique humaine, les grands brûlés étant des patients extrêmement fragiles.

Les diabétiques aussi ?

Une autre perspective pourrait être l'utilisation de cette peau pour des greffes permanentes chez les personnes diabétiques ou pour lesquelles des autogreffes ne peuvent être réalisées. les patients diabétiques, en effet, sont souvent victimes de mauvaise cicatrisation des blessures et de la formation d’ulcères cutanés.

La Rédaction
La Lettre mensuelle Gènéthique de Novembre 2009 - n°119
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