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News publiée le 05/01/2010

Aiguille, seringue, foie, diffu-sciences

Du foie vers le coeur, n’y a-t-il qu’un pas?

Une enzyme du plasma, utilisée depuis longtemps pour évaluer la santé du foie, pourrait-elle servir aussi dans l’estimation du risque cardiovasculaire ?

Comment se fait-il qu’une simple prise de sang permette de dire si un organe est malade ? C’est très simple. Il ne faut pas être grand savant pour savoir que chacun de nos organes remplit une mission spécialisée : le foie transforme les aliments, le coeur est une pompe, le rein filtre le sang, etc. Ils peuvent le faire notamment grâce à des enzymes qu’ils contiennent et qui favorisent telle réaction biochimique plutôt que telle ou telle autre. Chaque organe contient donc des enzymes qui ne sont présentes qu’en moindres quantités, voire pas du tout, dans les autres organes. Par exemple, le foie contient entre autres une enzyme appelée gamma-glutamyl transférase.

Simple mais compliqué

A tout moment, dans un organe en bonne santé, un petit nombre de cellules meurent de mort naturelle et leur contenu est répandu. Ce contenu passe en partie dans le sang et y est détectable par une analyse après prise de sang. On peut ainsi mesurer la quantité d’une enzyme présente dans le sang lorsque l’organe est sain. Mais si l’organe est malade, un plus grand nombre de ses cellules meurt et l’enzyme qui lui est plus ou moins spécifique sera donc déversée plus abondamment dans le sang. Dans notre exemple, la gamma-glutamyl transférase sera donc plus élevée dans le sang. C’est donc simple, comme on le disait mais il faut avoir des connaissances médicales pour en tirer des conclusions car il exsiste plusieurs pièges, notamment dans la manière dont on a traité le prélèvement sanguin, dans ce que le patient prend comme médicament ou encore dans le fait qu’il existe souvent de petites quantités de la même enzyme dans un ou plusieurs autres organes. l’augmentation d’une enzyme peut donc dans certains cas avoir plusieurs significations et c’est au médecin de comprendre quelle est la bonne pour un patient donné dans une situation donnée.

A réfléchir

Ce n’est pas par hasard que nous avons pris l’exemple de la gamma-glutamyl transsférase. Elle est largement utilisée, simultanément avec d’autres tests, dans l’évaluation de l’état du foie. Mais on sait aussi qu’elle est augmentée en cas d’inflammation, de décompensation cardiaque et de syndrome métabolique. En plus de cela, on a montré qu’elle est corrélée à un risque accru d’accidents cardiaque et de décès pour quelle cause que ce soit. Et des études plus récentes encore l’ont reliée au niveau du stress oxydatif et à une série de réactions impliquées dans la formation de l’athéromatose, la forme de loin la plus fréquente d’artériosclérose. C ’est pourquoi certains spécialistes commencent à se demander si à côté des lipides (graisses) du sang que sont les différentes formes du cholestérol et les trriglycérides, il ne faudrait pas prendre en considération la gamma-glutamyl transférase dans l’évaluation du risque cardiovasculaire d’une personne. Cela mérite réflexion et des études épidémiologiques devraient être entreprises pour en savoir plus.

La Rédaction
Mason JE, Starke RD, Van Kirk JE. Gamma-Glutamyl Transferase: A Novel Cardiovascular Risk BioMarker
Preventive Cardiology 2009; aop: 10.1111/j.1751-7141.2009.00054.x


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