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News publiée le 07/01/2010

Après  la catastrophe, diffu-sciences

Après la catastrophe

Les victimes de fléaux peuvent être gravement atteintes sur le plan psychologique. L’imagerie médicale pourrait désormais aider au diagnostic et au traitement de ces troubles spécifiques.

On sait depuis pas mal de temps que les victimes de catastrophes naturelles et leurs sauveteurs, ou encore les soldats sur le champ des opérations de guerre, peuvent être victimes de troubles psychologiques importants, survenant à moyen et à long terme et regroupés sous le nom de syndrome de stress post-traumatique. Cette notion a été évoquée, par exemple, parmi d’autres causes possibles, pour expliquer le syndrome de la guerre des Blakans ou le syndrome de la guerre du Golfe. Rappelons tout de même qu’on a également évoqué d’autres causes à ces deux derniers syndromes et que les soldats envoyés dans ces deux conflits ont aussi souffert de pathologies à caractère plus organique. Mais là n’est pas le propos de ce jour.

Tout de suite ou plus tard ?

Revenons donc au syndrome de stress post-traumatique, PTSD en abrégé pour sa dénomination en anglais : « post-traumatic stress syndrome ». On a d’abord considéré que pour aider les personnes touchées à surmonter l’épreuve, il fallait leur donner le plus rapidement possible après l’événement traumatisant, l’occasion d’exprimer ce qu’ils ressentaient. L’habitude a donc été prise de dépêcher des psychologues et psychiatres sur les lieux des drames et d’intégrer aussi ces spécialistes aux équipes de secours qui se rendent sur place. Puis, le caractère obligatoirement immédiat de l’intervention psychologique a été remis en question. Aujourd’hui, partisans de la rapidité et défenseurs du délai avant l’entretien discutent encore de leurs arguments respectifs.

Vu par l’imagerie

La nouveauté, c’est que l’imagerie médicale, grâce à la résonance magnétique, a pu mettre en évidence une hyperactivité dans certaines zones du cerveau en cas de PTSD. Parmi les zones concernées, on trouve précisément celles dont on connaît le rôle dans les émotions et dans l’anxiété. Ce sont aussi celles qui gardent la mémoire des expériences physiquement douloureuses et génèrent la crainte de la douleur. Une autre zone en hyperactivité dans le PTSD est impliquée dans les prises de décisions par l’individu lorsqu’elles sont prises dans des circonstances stressantes. Ces constatations de l’imagerie ont donc pour premier intérêt de confirmer l’existence réelle d’un syndrome que la majorité des experts reconnaît sur des bases cliniques mais que quelques rares irréductibles persistaient à considérer comme pure fiction.

Evaluer le traitement ?

Un autre apport majeur de cette mise en évidence réside dans le constat que le déclenchement du PTSD semble s’installer rapidement après la catastrophe. Cela signifie que le traitement devrait donc intervenir précocement, comme on l’a d’abord pensé. Si cela se confirme, le débat sur le moment optimal pour commencer le traitement serait ainsi tranché. Dernier intérêt de la mise en évidence d’une hyperactivité dans certaines zones : on pourra peut-être suivre dorénavant les effets du traitement et éventuellement le perfectionner.

La Rédaction
Diagnostic Imaging. Vol. 31 No. 12


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