La News

News publiée le 18/01/2010

Nouveau charme du charme, diffu-sciences

Nouveau charme du charme

Des recherches prometteuses semblent pouvoir déboucher sur des traitements anticancéreux issus de cet arbre.

Il y a une quarantaine d’années, plus de 90% des médicaments provenaient du monde végétal. Depuis lors, le génie humain et les prouesses remarquables de la chimie organique ont permis la mise au point de très nombreuses autres molécules pharmacologiquement actives. Plus récemment encore, s’est ouverte une nouvelle ère, celle des médicaments biologiques, directement issus de substances découvertes dans l’organisme humain ou agissant sur celles-ci. Mais on n’a pas épuisé le potentiel thérapeutique du monde végétal, loin de là. C’est d’ailleurs l’occasion de déplorer au passage la disparition à grande vitesse de très nombreuses espèces de plantes. Ce sont autant de possibilités thérapeutiques dont l’humanité ne pourra plus jamais profiter.

Inventaire méthodique

Une preuve supplémentaire de ce potentiel nous vient d’un arbre que de nombreuses personnes croisent tous les jours : le charme. Depuis plusieurs années, une équipe de l’ULB dirigée par le Pr Robert Kiss, du laboratoire de toxicologie de l'Institut de pharmacie de l'Université libre de Bruxelles (ULB), travaille avec le groupe des professeurs Luc Angenot et Michel Frederich, du département de pharmacie de l'Université de Liège (ULg), à un inventaire méthodique des composés à valeur thérapeutique éventuelle des arbres de la forêt ardennaise. Ils ont déjà identifié de cette manière plusieurs substances actives qui sont maintenant à l’étude dans leurs laboratoires respectifs ou dans d’autres laboratoires spécialisés. C’est ainsi que ces chercheurs ont pu se rendre compte que le charme, très abondant dans les forêts belges, fabrique une principe actif qui sera peut-être utilisable dans le traitement de certains cancers.

Un long chemin

La découverte est prometteuse mais il reste encore du pain sur la planche avant de voir cette substance trouver sa place dans l’arsenal de la lutte anticancéreuse. Le chemin est long, en effet. Une fois que l’activité d’un extrait est mise en évidence en laboratoire, sur des cultures de cellules cancéreuses par exemple, il faut encore s’assurer de bien identifier le principe actif qui se trouve dans l’extrait et en étudier la structure chimique. Il faut aussi entamer des études sur animaux pour comprendre la manière dont elle se comporte dans les organismes de mammifères, chercher la dose optimale, étudier son absorption et son élimination, vérifier si elle n’est pas toxique, voir sous quelle forme on peut la présenter, étudier sa stabilité, etc. Et ce n’est qu’après cela qu’on pourra envisager des essais chez l’homme, à moins qu’un obstacle technique, une efficacité insuffisante ou une toxicité inacceptable ne contraigne les chercheurs à renoncer à l’utilisation de cette molécule en médecine. On comprend pourquoi la mise au point d’un nouveau médicament coûte en moyenne 300 à 400 millions d’Euros et demande dix à quinze ans de recherche.

La Rédaction
-


Pour vous inscrire à la Newsletter, veuillez simplement enter votre adresse mail ci-dessous et cliquez sur "envoyer".




Partenaires

ligue_cardiologique_belge