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News publiée le 20/01/2010

Transplantation de la trachée , diffu-sciences

Transplantation de la trachée

Une équipe de la Katholieke Universiteit Leuven (KUL) a récemment réussi une transplantation de trachée. Cette intervention n’est pas la première mais ce qui est nouveau, c’est que les chirurgiens ont cette fois travaillé en deux temps pour contourner les causes d’échec habituellement rencontrées.

La plupart des interventions sur la trachée sont réalisées à cause d’un rétrécissement de ce conduit aérien qui dirige l’air vers les poumons. Dans les cas de rétrécissements récidivants qui s’étendent sur plus de 5 cm, la transplantation de trachée doit être envisagée. Cette transplantation rencontre habituellement deux difficultés : la restauration de la circulation sanguine dans l’organe et le risque de rejet.

Réanastomoser

Il faut savoir que dans les greffes d’organes, si le flot sanguin ne se rétablit pas, l’organe transplanté ne pourra survivre et la greffe sera un échec. Heureusement, les grands organes sont pénétrés par des vaisseaux de gros calibre qu’il « suffit » de réaboucher (les médecins disent « réanastomoser ») pour que le flot sanguin travaerse à nouveau l’organe. Dans le cas de la trachée, il n’y a pas de vaisseaux majeurs de ce type-là mais une multitude de petits vaisseaux qu’il faudrait réanastomoser un à un. Non seulement ce serait trop fastidieux pour les chirurgiens, trop long pour le patient et trop coûteux pour la société, mais le risque d’échec serait alourdi car plus petit est un vaisseau, plus difficile il est à réanastomoser et plus on risque qu’il se thrombose.

Sur le plan du rejet, la difficulté était grande aussi. On ne sait trop pourquoi mais les études animales ont montré qu’il s’agissait d’un organe particulièrement sujet au rejet, sauf lorsque l’organe du donneur était tapissé par la muqueuse (couche la plus superficielle, celle qui est en contact avec l’air) du receveur.

Double transplantation

Les chirurgiens louvanistes, sous la direction du Pr Pierre DELAERE, ont donc procédé d’une toute autre manière, totalement innovante. Ils ont pratiqué une greffe en deux temps. La trachée du donneur a d’abord été implantée dans … l’avant-bras du receveur. Ainsi, le greffon a pu être revascularisé par les vaisseaux de l’avant-bras du receveur. Cela a pris quelques semaines et pendant ce temps, le receveur a été traité avec des médicaments anti-rejet. Mais il était souhaitable de ne pas éterniser ce traitement par médicaments, en raison de ses effets secondaires. Dans un deuxième temps, après qu’une bonne vascularisation ait été ainsi rétablie, les chirurgiens ont remplacé, à l’intérieur du greffon, la muqueuse du donneur par celle du receveur. Ainsi le risque de rejet était largement diminué. Et ce n’est qu’ensuite, huit mois plus tard, que la trachée nouvellement vascularisée et « habillée » à l’intérieur, a pu être déplacée vers sa localisation anatomique normale dans le cou du patient.

D’autres patients

Devant le succès de cette « double transplantation », les médecins de la KUL ont entrepris de traiter de la même manière deux autres patients, une femme de 55 ans et un jeune homme de 18 ans.

La Rédaction
D’après un communiqué de la KUL.


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