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News publiée le 24/02/2010

Goutte, alcool , diffu-sciences

Goutte, alcool et consorts: association de malfaiteurs

Les facteurs de risque de la goutte ne sont pas nécessairement ceux que l’on croit. Mais les clichés ont la vie dure.

On connaît l’image de la goutte jusqu’à la carricature. Celle-ci se voit dans les dessins humoristiques, sous l’aspect d’un gros homme rougeaud assis dans son fauteuil, un jambe tendue sur un coussin pour reposer son pied montrant un gros orteil hyperdouloureux. Il est vrai que la crise de goutte fait très mal. La même carricature, ou presque, se retrouve dans des descriptions médicales pas si anciennes que cela. Dans ces descriptions, le patient goutteux est un homme, (trop) bon vivant, chasseur de préférence. Il mange beaucoup de viande, surtout du gibier, et arrose copieusement cela d’une bonne bouteille de vin qualifié de « lourd », le vin de Bourgogne. C’est un peu vite dit et ce n’est pas très aimable pour ce délicieux breuvage, dont il ne faut certes pas abuser mais qui peut apporter quelques bienfaits à ceux qui en font bon usage.

Doublée en vingt ans

Toutes ces idées un peu reçues sont aujourd’hui remises en question. Et pour cause : on constate notamment que la fréquence de la goutte chez les femmes est en très nette augmentation ces dernières années. Elle a même doublé en 20 ans. Cetes, les femmes ont acquis pas mal de droits au cours des dernières décennies mais elles ne sont sans doute pas toutes devenues des passionnées de la chasse. Dès lors, les causes sont à rechercher ailleurs que dans le mode de vie qui vient d’être décrit plus haut. Des chercheurs américains ont fait cette recherche à partir des registres de Framingham, cette petite ville des Etats-Unis où l’on étudie l’épidémiologie de toute la population depuis 1948, essentiellement sur le plan cardiovasculaire. Ils ont extrait de ces registres des données concernant 2476 femmes et 1571 hommes, qui ont été suivis pendant … 52 ans.

Loin des clichés

Parmi ces personnes, 104 femmes et 200 hommes ont développé la goutte au cours de la période de suivi. Dans les deux sexes, la fréquence de la maladie augmentait avec le taux d’acide urique dans le sang. Cette donnée est loin d’être une nouveauté : il y a très longtemps que l’on sait que la goutte est due à l’accumulation de cristaux d’acide urique dans les articulations. Par contre, ce qui est plus nouveau, c’est que toute une série de facteurs de risque ont pu être découverts ou confirmés par l’étude, en particulier chez les femmes. Ces facteurs de risque sont l’âge, l’obésité, la consommation d’alcool (et pas seulement le vin de Bourgogne), la prise de diurétiques (médicaments contre l’hypertension) et l’hypertension elle-même. Quant à la ménopause et à son traitement hormonal substitutif, ils ne sont pas en cause. Mais les auteurs n’excluent pas un rôle possible d’autres facteurs.

La rédaction
Bhole V, de Vera M, Rahman MM et al. Epidemiology of female gout: 52-Year follow-up of a prospective cohort. Arthritis Rheum. 2010 Jan 21. [Epub ahead of print]


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