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News publiée le 29/03/2010

Sténose aortique : la solution par le cathéter, diffu-sciences

Sténose aortique : la solution par le cathéter

Environ un tiers des patients atteints de sténose aortique sévère sont inopérables. On peut aujourd’hui leur implanter une prothèse valvulaire par voie de cathéter. Mais cette prothèse n’est pas financée par la sécurité sociale.

Nous avons dans notre cœur des vavules, sorte de dispositifs à clapets, dont le rôle est d’empêcher le retour en arrière (ou reflux) du sang chassé par le cœur. Elles s’ouvrent quand le sang doit sortir de la cavité cardiaque (oreillette ou ventricule) et se referme quand la même cavité se remplit avec du sang qui vient de l’amont. Ces valvules peuvent être malades : on parle d’insuffisance si elles laissent le sang refluer et de sténose si elle ne laisse pas bien sortir le sang de la cavité qui se vide. Une de ces valvules est à la sortie du ventricule gauche, au début de l’aorte, la très grosse artère qui distribue le sang oxygéné à l’ensemble de notre organisme. C’est la valve aortique.

La plus fréquente

Atteinte valvulaire la plus fréquente de l’adulte, la sténose aortique, lorsqu’elle devient symptomatique, marque le début d’une évolution rapide vers une issue potentiellement fatale. Le traitement standard thérapeutique est le remplacement chirurgical de la valvule. La qualité de vie du patient après cette intervention est excellente. Chaque année en Belgique, près de 2500 patients sont opérés de cette manière. Mais tout cela concerne la sténose isolée. Malheureusement, pour d’autres patients, l’intervention ne peut être envisagée, pour diverses raisons. Cela peut être à cause de leur grand âge, de leur mauvais état général ou encore d’une co-morbidité très sévère. Jusqu’à présent, il n’existait pas de solution pour ces patients et ils en étaient réduits à se dégrader plus ou moins rapidement.

Une solution

Il existe depuis peu une solution pour ces personnes. Cette nouvelle possibilité permet de sauver des vies de ces patients hautement menacés à court terme. Elle leur apporte donc un espoir nouveau. Il s’agit de l’implantation par voie de cathéter d’une prothèse valvulaire aortique : c’est la TAVI, pour « Transcatheter Aortic Valve Implantation ». On introduit un « cable » appelé cathéter dans l’artère fémorale au niveau du pli de l’aine et on le remonte jusqu’au cœur. Il porte une valvule artificielle repliée, qui se déplie une fois mise en place et remplit à nouveau correctement la fonction de la valvule naturelle. En Belgique, environ 200 patients ont été traités par TAVI. La mortalité reste élevée pour l’instant : elle fluctue autour des 20% un an après l’implantation mais il faut se souvenir qu’il s’agit de patients dont le pronostic, en dehors de toute intervention, est extrêmement sombre.

Remboursement

Les spécialistes capables de réaliser cette nouvelle intervention en Belgique ne sont pas très nombreux. Ils réclament le remboursement conditionnel pour ces patients-là et rien que pour eux. Pour l’instant en effet, on ne peut pas se permettre de proposer ce nouveau type de prothèse aux patients opérables car on dispose, avec l’intervention classique, d’un moyen éprouvé de leur assurer une qualité et une espérance de vie appréciables, alors que le recul n’est pas suffisant pour dire que des patients opérables pourraient tirer les mêmes bénéfices d’une TAVI.

Dr J. Andris
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