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News publiée le 02/04/2010

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Pourquoi il faut attendre

Il y a tous les jours d’excellentes nouvelles dans les revues scientifiques. Mais pourquoi faut-il attendre si longtemps avant que l’on ne puisse bénéficier des retombées dans la vie courante ?

On estime qu’il y a plus de chercheurs actifs aujourd’hui dans le monde qu’il n’y en a jamais eu pour toutes les décennies passées si on les additionne. Les nouvelles connaissances acquises s’accumulent à une vitesse impressionnante. Mais l’évolution de nos modes de vie, notamment en matière de santé, ne se fait pas à la même vitesse même si les progrès sont rapides eux aussi. Comment cela se fait-il ?

Contrôle par les pairs

Il y a à cela beaucoup de raisons. La première est que toute découverte ne débouche pas nécessairement sur des applications immédiates. Par exemple, ce n’est pas parce qu’on découvre une nouvelle hormone (ce qui est relativement fréquent) qu’on va pour autant pouvoir guérir certaines maladies le lendemain. Il faut comprendre comment cette hormone agit, sur quels organes, dans quelles conditions, etc. Mais il faut ensuite voir si en l’administrant à des animaux on obtient l’effet escompté, si sa toxicité est tolérable, etc. Un dossier d’enregistrement d’un nouveau médicament (hormonal ou autre) demande 10 à 15 ans de préparation et l’ensemble des documents scientifiques qu’il faut réunir pèse quelque 80 kg de papier.

Mais bien avant cela, il y a d’autres étapes à franchir, qui tiennent à la manière dont fonctionne la science. Quand une équipe estime avoir obtenu des résultats de sa recherche, elle les publie. Les scientifiques se plaignent souvent de la lenteur des éditeurs, qui mettent déjà plusieurs mois, dans une majorité des cas, à accepter l’article des chercheurs et à le faire paraître. Mais là aussi, il y a une explication : les éditeurs doivent s’assurer que l’article en question a un intérêt et repose sur des bases solides. Ils envoient donc cet article en lecture pour avis à des spécialistes de la question traitée, en supprimant le nom des auteurs. C’est ce qu’on appelle le « peer review » ou contrôle par les pairs (les collègues). Cela peut être une garantie mais on a vu des relecteurs entraver des publications parce qu’ils étaient eux-mêmes sur le sujet ou encore voler littéralement le travail qu’ils étaient sensés juger et se l’approprier. Une affaire de ce genre vient encore d’éclater.

Des tricheurs

Ce n’est pas tout : en admettant que l’article soit accepté et publié, il y a encore deux risques. Le premier est que les chercheurs qui publient ainsi se soient trompés dans leur méthodologie ou dans leurs conclusions. C’est pourquoi ils sont obligés de publier leur procédure, afin que tous leurs collègues, s’ils le désirent, puissent émettre des critiques et même recommencer les études. Alors seulement, on finit par obtenir une confirmation suffisante de la découverte pour pouvoir avancer plus loin. Mais il y a un autre risque : celui de voir les chercheurs publier des résultats falsifiés. Cela arrive de plus en plus fréquemment, sans que ce ne soit une généralité. Mais il faut parfois du temps pour découvrir la tricherie et c’est pourquoi il faut attendre avant de voir confirmer une découverte. Comme quoi, rien n’est parfait …

La rédaction
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