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News publiée le 26/04/2010

-, diffu-sciences

Gène contre gène

Il est bien connu que les infections sont une relation entre l’agent infectieux et son hôte. Mais dans le cas de l’hépatite C, cela prend une tournure particulière.

L’alphabet des hépatites s’allonge tout doucement. On en est à la lettre G mais il n’y a pas de quoi paniquer. Seules les premières posent des problèmes majeurs de santé publique et encore : l’hépatite A est aujourd’hui une affection sans gravité dans l’immense majorité des cas. La B reste dangereuse et parfois difficile à traiter . Elle fait donc l’objet de beaucoup de recherches sur le plan thérapeutique. L’hépatite C est très fréquente mais on commence à avoir des traitements relativement performants. C’est à elle que nous allons nous intéresser dans les lignes qui suivent mais avant d’en parler, disons que l’hépatite D (ou plus précisément delta) ne risque de toucher que les personnes atteintes d’hépatite B (c’est une surinfection) et que les autres sont des raretés.

Longtemps ignorée

L’hépatite C est très fréquente car on ignorait son existence jusqu’à la fin des années 1980. Le virus a été découvert en 1989. Avant cela, on n’était donc pas capable de la détecter. C’est une hépatite qui se transmet par le sang et cette ignorance fait que des personnes ayant reçu une transfusion de sang avant 1990 sont susceptibles d’être infectées, parfois même sans le savoir. Le problème est que dans une certaine proportion des cas, l’affection devient chronique et peut mener à la cirrhose. Un petit nombre de patients atteints de ce type de cirrhose peut développer un cancer du foie. Heureusement, on dispose de traitements qui diminuent ces risques. Ils reposent surtout sur des agents biologiques que l’on appelle les interférons et de médicaments antiviraux mais de nouveaux antiviraux se pointent à l’horizon. Il en a beaucoup été question au congrès de l’Association Européenne pour l’Etude du Foie (EASL en anglais) qui s’est tenu à Vienne la semaine dernière.

Génotype viral

Mais un autre aspect de l’hépatite C a beaucoup été discuté à ce congrès. On sait depuis quelque temps qu’il existe plusieurs variantes génétiques du virus de l’hépatite C. on parle de génotype et on les distingue par des chiffres : il y en a au moins cinq. Et on sait aussi que la réponse au traitement n’est pas la même. Dès lors, la gestion du traitement est influencée par la connaissance du génotype viral qui infecte une personne donnée, puisque cette notion permet de prévoir de manière statistique le niveau de réponse à ce traitement. Cela n’est pas nouveau mais l’attitude à prendre est sans cesse affinée. Ce qui est plus récent, par contre, c’est le fait que le génotype du patient lui-même peut également influencer la réponse au traitement. Un gène appelé IL28B (la génétique a des classifications particulières pour dénommer les gènes) a été identifié comme pouvant présenter lui aussi plusieurs variantes. Et les personnes qui portent telle variante dans leur patrimoine génétique ne répondent pas de la même manière au même virus sous le même traitement que les personnes qui portent telle autre variante.

Traitement personnalisé

On en revient donc à la notion de relation entre hôte et agent infectieux, mais cette fois, c’est à propos de la réponse au traitement et non plus à propos du risque infectieux lui-même. Et comme on s’en doute, ces nouvelles notions vont déboucher sur des traitements personnalisés.

La rédaction
Gène contre gène, infection


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