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News publiée le 26/04/2010

Chercheurs, ARN, ADN, cancer, diffu-sciences

Cancer: une nouvelle manière

La recherche est en action dans une toute nouvelle manière de comprendre le cancer. Mais il s’agit de véritables travaux d’Hercule, qui prendront du temps même si quelques résultats sont déjà presque tangibles.

Il est loin le temps où on ne parvenait à déceler dans les cellules cancéreuses que des différences de forme et de comportement par rapport aux cellules normales, sans pouvoir y mettre en évidence des modifications du métabolisme, c’est-à-dire de l’ensemble des échanges de matière et d’énergie à l’intérieur de la cellule, ainsi qu’entre elle et son environnement.

Complexe et hétérogène

Le cancer, on le sait aujourd’hui, est une pathologie extrêmement complexe et très hétérogène. On devrait d’ailleurs parler DES cancers plutôt que DU cancer, tant il en existe de sortes différentes. Et surtout, le nombre des processus métabolique que l’on sait déréglés dans ces maladies est très élevé : spécialisation cellulaire (les biologistes appellent cela la différenciation), prolifération, mobilité cellulaire et même la mort cellulaire sont des processus naturels qui sont bouleversés en cas de maladie cancéreuse. Derrière tout cela, il y a des dérégulations du génome sous diverses influences, notamment sous l’effet de l’interaction avec certains facteurs néfastes de l’environnement. Ces connaissances accumulées depuis quelques années ou depuis à peine plus d’une décennie ouvrent théoriquement la porte à de nouvelles recherches en matière de traitement. Il ne s’agit plus de s’attaquer à un processus unique mais d’essayer d’enrayer les dérégulations à plusieurs niveaux simultanément. Le travail de recherche est en route mais il passe par un inventaire extrêmement fastidieux, dont le décryptage terminé du génome humain ne constitue qu’une partie relativement modeste.

Répertorier et dénombrer

Il faut maintenant, à partir des résultats de ce déchiffrement, répertorier la manière dont les gènes, composés d’ADN, se transcrivent en ARN. Et là surgit une nouvelle complication : on a découvert il y a quelques années que de petits fragments de ces ARN pouvaient jouer un rôle régulateur sur les processus cellulaires, y compris dans les cellules cancéreuses. Il faut donc maintenant s’attacher à mieux comprendre ce rôle, qui se joue également dans d’autres maladies. Le travail d’exploration a débuté et on commence même à disposer de quelques modestes applications cliniques dans certaines affections non cancéreuses. Ici encore, la tâche est immense mais les chercheurs s’y sont mis. Après cela (ou en même temps), il faut développer la compréhension des systèmes de signalisation intracellulaire qui donnent l’ordre à un processus de s’enclencher ou de s’arrêter. Cet inventaire très long a commencé il y a vingt ou trente ans et se poursuit toujours, tant il y a de choses à mettre au jour. Enfin, il faudra encore dénombrer toutes les protéines qui sont encodées par les gènes et comprendre non seulement leur fonction, si on veut savoir lesquelles d’entre elles peuvent devenir des cibles thérapeutiques, mais encore étudier en détail leur structure afin de pouvoir déterminer en quel endroit on pourra les toucher si elles représentent un point stratégique.

Inventer les armes

Puis il restera encore à inventer des médicaments qui pourront toucher ces cibles-là et les tester avant de les mettre à la disposition des médecins et des patients. Ce travail là aussi est en cours.

Ainsi, nous sommes entrés dans une véritable nouvelle ère de la recherche contre le cancer mais la tâche est immense. Quelques applications se pointent déjà à l’horizon mais il faudra encore du temps avant que la majorité des cancers ne trouvent ainsi leur remède définitif.

La rédaction
Kreeger PK and Lauffenburger1 DA. Cancer systems biology: a network modeling perspective. Carcinogenesis 2010; 1: 2–8.
doi:10.1093/carcin/bgp261


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