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News publiée le 27/04/2010

Tension, Hypertension, diffu-sciences

Hypertension: de plus en plus fort

Grande tueuse, l’hypertension artérielle suscite sans cesse l’innovation en recherche pharmaceutique. Des nouveautés se pointent à l’horizon.

L’hypertension artérielle fait partie de ces fléaux des temps modernes que l’on dénonce régulièrement lorsqu’on parle de santé publique. Elle est l’un des facteurs de risque cardiovasculaires les plus importants. L’hypertension artérielle menace le cœur, le cerveau et les reins et beaucoup de personnes meurent chaque année des conséquences de cette hypertension sur ce que l’on appelle les trois organes cibles.

C’est pourtant simple

C’est dire que la recherche visant à la combattre est extrêmement active. Et pourtant les mesures à prendre pour limiter sa tension artérielle sont simples : ne pas avoir d’excès de poids corporel, modérer sa consommation de sel et pratiquer régulièrement une activité physique. Sur le plan des traitements de l’hypertension, l’évolution a suivi celle des connaissances médicales. Il y a trente ou quarante ans, on ne disposait que de deux types de médicaments. Le premier est constitué par les diurétiques, qui font perdre de l’eau par voie urinaire et diminuent donc le volume de liquide dans l’organisme, dans les vaisseaux en particulier. le deuxième se composait de médicaments dits bêta-bloquants, ainsi appelés parce qu’ils bloquent des récepteurs appelés bêta-adrénergiques, qui provoquent une vasoconstriction et une hausse de la tension artérielle lorsqu’ils sont stimulés par l’adrénaline.

En cascade

Ces deux types de médicaments sont encore très utilisés maintenant et c’est à juste titre. Mais d’autres sont venus les rejoindre dans l’arsenal anti-hypertenseur. Ainsi, il y a eu les inhibiteurs de l’entrée du calcium dans les cellules musculaires des vaisseaux. le calcium étant nécessaire à la contraction musculaire, l’empêcher d’entrer dans les muscles des parois vasculaires revenait à inhiber la vasoconstriction. Puis on a découvert les médicaments qui pouvaient inhiber le système appelé rénine-angiotensine-aldostérone. Ce système régule lui aussi la tension artérielle à la hausse et est constitué d’une cascade de composants qui s’activent les uns les autres. la recherche pharmaceutique a mis successivement au point trois vagues de médicaments anti-hypertenseurs, inhibant chacune une étape donnée de la cascade.

Du nouveau

Malgré tout cela, même en associant plusieurs médicaments, il reste des cas qui ne répondent pas et dans lesquels l’hypertension persiste. La recherche continue donc. De nouveaux médicaments, les inhibiteurs de la néprilysine, sont aujourd’hui en cours de développement. La néprilysine est une protéine un peu particulière : c’est une enzym0e, ce qui signifie que sa fonction est de faciliter une réaction. La réaction en question consiste à scinder une série de protéines de manière à l’inactiver. Et parmi les protéines scindées, il y a celles qui président à la formation de l’endothéline, un puissant vasoconstricteur. on l’aura compris : en empêchant la néprilysine d’agir, on empêche la formation de ce puissant vasoconstricteur, ce qui permet de lutter contre un système en cascade qui aboutit à une hausse de la tension artérielle. Mais comme toujours, ce système a d’autres fonctions encore. Cela veut dire que les inhibiteurs de la néprilysine pourraient trouver d’autres indications, par exemple dans la maladie d’Alzheimer … mais aussi qu’ils pourraient avoir des effets secondaires que l’on doit bien évaluer avant de les mettre en circulation.

La rédaction
Ruilope LM, Dukat A, Böhm M et al. Blood-pressure reduction with LCZ696, a novel dual-acting inhibitor of the angiotensin II receptor and neprilysin: a randomised, double-blind, placebo-controlled, active comparator study. Lancet 2010 ; 375 (9722) : 1255-66


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