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News publiée le 05/05/2010

Coeur, médecin, patient, diffu-sciences

Bon pour le coeur, bon pour les artères

Traiter l’hypertension artérielle améliore non seulement le risque cardiovasculaire mais aussi la rigidité des parois artérielles, telle qu’on peut la mesurer au niveau de l’artère carotide.

En matière d’hypertension, c’est surtout la pression systolique (la maximale) qui est liée au risque cardio-vasculaire. Celle-ci augmente généralement avec l’âge et plus précisément avec la rigidification des artères. De plus, pour les patients présentant un risque cardiovasculaire élevé, la rigidification artérielle est plus précoce.

Facteur de risque

Cette rigidité artérielle représente donc un facteur important du risque cardiovasculaire et différentes études suggèrent que sa mesure pourrait être exploitée à des fins d’évaluation de ce risque. Les répercussions sur le mode de traitement sont évidentes: celui-ci pourra être renforcé chez les patients présentant une rigidité artérielle et donc un risque accru, tandis que ceux chez qui la rigidité n’est pas avérée pourront recevoir une prise en charge moins agressive. En effet, des patients présentant des facteurs de risque « statistiques » tels que l’âge ou le sexe, ne présentent pas tous un risque réel se traduisant par une rigidification de leur artères. Cela veut dire qu’en ciblant mieux le risque et en adaptant le traitement, on pourrait réduire les coûts liés à un traitement trop agressif mais non indispensable, tout en gagnant en efficacité.

Amincissement

Plusieurs études cliniques ont fourni des données évaluant l’efficacité de médicaments anti-hypertenseurs sur l’épaisseur de les deux premières couches de la paroi carotidienne, l’intima et la media. Pour 8 études portant sur des patients diabétiques ou présentant une maladie cardiovasculaire, un traitement anti-hypertenseur (avec un inhibiteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine, un bêta-bloquant ou un inhibiteur du canal calcique), par comparaison avec un placebo ou avec l’absence de traitement, a réduit de 7µm par an l’épaisseur de l’intima-media. Dans 9 autres études sur des patients hypertendus, les inhibiteurs du canal calcique, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion rénine-angiotensine, les inhibiteurs du récepteur de l’angiotensine II et les alpha-bloquants, comparés aux diurétiques et aux bêta-bloquants, diminuaient de 3µm par an l’épaisseur de l’intima-media carotidienne. Enfin, la supériorité des nouveaux traitements comparés aux anciens en terme de diminution de l’épaisseur de la carotide (-5µm par an), a été établie par 4 études portant sur les inhibiteurs du canal calcique. Dans 5 autres études sur des patients souffrant d’hypertension ou de diabète, les inhibiteurs du canal calcique, comparés aux inhibiteurs de l’enzyme de conversion rénine-angiotensine, ne diminuaient pas plus la tension mais bien l’épaisseur de l’intima-media carotidienne (- 23µm par an).

Avantage

Bref, quel que soit le traitement anti-hyertenseur, il y a avantage dans tous les cas. Raison de plus pour faire mesurer régulièrement sa tension artérielle et suivre correctement son traitement s’il y en a un.

La rédaction
Wang JG et al. Carotid intima-media thickness and antihypertensive treatment: a meta-analysis of randomized controlled trials. Stroke 2006; 37: 1933-40.


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