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News publiée le 18/08/2010

Coeur, médecin, patient, diffu-sciences

Une firme belge à la pointe de la cardiologie

Spécialisée dans la préparation de cellules précurseurs cardiaques pour réparer notre pompe centrale, la société Cardio3 BioSciences, installée à Mont-St-Guibert, publie des travaux scientifiques importants qui décrivent un processus clé de régénération du myocarde.

Cardio3 BioSciences, une société belge à la pointe des biotechnologies, est spécialisée dans les thérapies régénératives pour le traitement des maladies cardiovasculaires. Elle annonce la publication dans le Journal of the American College of Cardiology (JACC) de travaux scientifiques essentiels basés sur son produit appelé C-Cure. Il s’agit d’un traitement extrêmement novateur de l’insuffisance cardiaque post-infarctus, basé sur des cellules souches. Chose rare réservée aux travaux d’une importance majeure, cette publication a eu les honneurs d’un éditorial dans lequel les résultats des chercheurs ont été qualifiés d’« historiques ».

Cellules « programmées »

Effectuées au sein de la Mayo Clinic de Rochester (Minnesota, États-Unis) en collaboration avec le Centre Cardiovasculaire d’Alost (Belgique), les recherches en question ont conduit au développement de la plate-forme technologique de Cardio3 BioSciences, destinée à reprogrammer les cellules souches du patient lui-même pour reconstituer du tissu musculaire cardiaque. L’utilisation de cellules souches du patient lui-même pour la régénération du tissu cardiaque n’est pas vraiment une nouveauté. Mais jusqu’à présent, on se heurtait à une difficulté, certains facteurs propres au patient entraînant une limitation de l’efficacité du processus. Les chercheurs belgo-américains ont donc étudié très méthodiquement le moyen d’optimiser cette efficacité. Dans le cadre de ces travaux d’avant-garde, ils sont parvenus à identifier un processus faisant intervenir un cocktail de facteurs de croissance qui permet de modifier le devenir de cellules souches dites mésenchymateuses (CSM). Ces cellules souches mésenchymateuses, peu différenciées (c’est-à-dire peu ou pas spécialisées), peuvent être prélevées dans la moelle osseuse des patients. Après traitement selon le procédé mis au point par Cardio3 Biosciences, qui constitue une sorte de programmation de leur différenciation, elles peuvent donner des cellules précurseurs des cellules cardiaques.

Des contrôles et des tests

L’acquisition des propriétés caractéristiques de ces cellules précurseurs a fait l’objet d’un nombre impressionnant de contrôles, ce qui représente déjà un exploit scientifique et technique en soi. Restait à tester leur efficacité biologique avant de pouvoir en faire un véritable traitement en médecine humaine. Pour cette vérification, elles ont été injectées à des souris atteintes d’un dysfonctionnement cardiaque comparable à celui que l’on rencontre chez des patients en phase chronique post-infarctus. Elles ont permis d’améliorer la fonction cardiaque en repeuplant le tissu cicatriciel dû à l’infarctus et en générant de nouveaux vaisseaux sanguins. Cela a conduit à réduire la cicatrice et à reconstruire chez ces animaux du tissu cardiaque humain fonctionnel. Les animaux traités ont affiché à l’échographie une amélioration de la fonction cardiaque. Leurs cœurs ont ensuite été examinés au microscope, ce qui a confirmé certaines données déjà acquises en échographie.

Cardio3 BioSciences a ensuite contribué au développement de cette technologie avec la conduite récente d’un essai clinique mené auprès de 45 patients européens souffrant d’insuffisance cardiaque. Les tests ont montré que son produit phare C-Cure présente un très bon profil de sécurité et on a observé des tendances positives et encourageantes sur les paramètres physiologiques et cliniques de la fonction cardiaque, ainsi que le laissaient espérer les données provenant de modèles animaux. L’action régénératrice  unique de C-Cure sur le muscle cardiaque devrait montrer des bénéfices cliniques dans le programme de phase III.

Un progrès remarquable

On se trouve donc probablement, grâce à ces travaux, devant un progrès potentiellement remarquable. Mais comme toujours en médecine, il faudra encore du temps pour que cela devienne un traitement de routine, si les données se confirment. De nouvelles questions se posent d’ailleurs. Ainsi, seules des cellules souches mésenchymateuses provenant de certains patients ont montré une capacité suffisante à donner des précurseurs de cellules cardiaques. Et il est pour l’instant impossible de prédire quelles sont les personnes dont les cellules ont un tel potentiel et quelles sont celles chez lesquelles le procédé, dans son état actuel, ne donne pas les résultats espérés. Cet aspect important devrait encore être exploré. Mais on peut franchement saluer le travail accompli jusqu’ici.

La rédaction
Behfar A,Yamada S, Crespo-Diaz R et al.Guided Cardiopoiesis Enhances Therapeutic Benefit of Bone Marrow Human Mesenchymal Stem Cells in Chronic Myocardial Infarction. Journal of the American College of Cardiology 2010; 56: 721-34.

Marban E, Konstantinos M. Boot Camp for Mesenchymal Stem Cells. Journal of the American College of Cardiology 2010; 56: 735-9.


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