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News publiée le 22/08/2011

Sexe , diffu-sciences

Le sexe et la thérapeutique

Les différences entre les hommes et les femmes devraient déboucher sur des traitements différents d’une même maladie

On parle de plus en plus de médecine individualisée. Cela consiste à tenir compte au maximum des différences entre individus pour détecter les traitements auxquels ils ont le plus de chance de répondre et ceux auxquels ils risquent de résister, pour mieux choisir entre les différentes options thérapeutiques qui s’offrent face à une maladie. Les médecins raisonnent depuis longtemps de cette manière au niveau clinique, c’est-à-dire au niveau de ce qu’ils peuvent voir chez le patient avec les méthodes classiques d’examen, d’analyse et d’imagerie.

Génétique et métabolique

Aujourd’hui, on va plus loin en recherchant des caractères individuels au niveau génétique et au niveau métabolique, c’est-à-dire au niveau des innombrables substances que l’on trouve dans le sang ou même dans les cellules. On est déjà très loin à ce point de vue pour le traitement de certains cancers par exemple.

Mais jusqu’à présent, malgré la grande finesse déjà atteinte par cette démarche, il n’y a que très peu de situations dans lesquelles on tient compte d’une différence pourtant majeure, celle qui existe entre les deux sexes. Une analyse des données concernant 3000 participants vient de montrer qu’il existait des différences significatives entre les hommes et les femmes pour ce qui concerne les lipides, les acides aminés (constituants des protéines) et encore d’autres substances. Les chercheurs allemands qui ont réalisé cette étude ont mesuré les taux de pas moins de 131 substances dans le sang des volontaires. Oms ont trouvé des différences entre les hommes et les femmes pour les taux de 101 d’entre elles. Il faut donc considérer, estime les auteurs de l’étude, que femmes et hommes appartiennent à deux catégories différentes d’individus.

Approfondir

Sur base de ces données, les recherches s’orientent maintenant vers la mise sur pied d’études plus approfondies, sur un nombre de substances plus important encore. Mais il faudra aussi comprendre, à partir de la génétique notamment, comment ces différences se mettent en place et détecter des points clés qui pourraient servir de cibles pour des traitement spécifiques. Cette dualité entre les deux sexes met en effet en évidence la nécessité de traiter de manière différente les personnes de l’un et de l’autre sexe lorsqu’elles sont atteintes de diabète ou d’une autre affection du métabolisme. Il faudra donc encore un peu de temps avant que l’on ne sache comment aborder cette nouvelle réalité sur le plan théorique, évaluer ensuite à travers des études cliniques les interventions possibles et faire entrer dans la pratique quotidienne les nouvelles options thérapeutiques. La médecine évolue vite mais il faut tout de même lui en laisser le temps.

Dr J. Andris
Mittelstrass K, Ried JS, Yu Z. Discovery of Sexual Dimorphisms in Metabolic and Genetic Biomarkers. PLoS Genet. 2011 August; 7(8): e1002215. Published online 2011 August 11. doi: 10.1371/journal.pgen.1002215


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