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News publiée le 03/06/2008

Cardiaque, diffu-sciences

Coeur et tension : des inconstants

Même quand tout va bien, le coeur bat un peu la chamade

On dit d'une personne qui ne se comporte pas toujours de la même manière qu'elle est inconstante. Il en va de même pour notre coeur et pour notre tension artérielle. Ce n'est pas une nouveauté mais c'est difficile à comprendre et les scientifiques s'arrachent encore les cheveux sur ce phénomène. Les spécialistes de la question viennent de se réunir à Bruxelles la semaine dernière.

Plongeur ou non-plongeur?

La nuit, notre tension artérielle baisse et notre rythme cardiaque ralentit. C'est une sorte de mise au repos et c'est un phénomène normal. Ce qui est anormal, c'est que cela ne se produise pas. Ainsi, pour la tension artérielle, ceux chez qui elle s'abaisse la nuit sont appelés « dippers » (plongeurs). Ceux chez qui elle ne baisse pas la nuit sont des « non-dippers ». Il se fait que les « non-plongeurs » ont plus de risques cardiovasculaires que les « plongeurs ». Comment cette baisse se produit-elle ? La régulation de la tension artérielle est extrêmement complexe et tous les mécanismes agissent en même temps. Pour les comprendre, il faudrait les isoler mais ce n'est pas possible. Alors, les chercheurs inventent toutes sortes de méthodes qui permettent d'inhiber ou de stimuler un de ces mécanismes. Certaines expériences destinées à mieux comprendre ces phénomènes se font même dans l'espace.

Deux frères ennemis

Pour les variations du rythme cardiaque, ce n'est pas plus facile. Le rythme cardiaque est sous l'influence des deux composantes du système nerveux autonome (végétatif), le système orthosympathique et le système parasympathique. Et chacune de ces composantes fait exactement le contraire de ce que l'autre fait. Ce sont deux vrais frères ennemis, mais heureusement qu'ils sont là car sans un tel duo, la régulation ne pourrait se faire que dans un seul sens : toujours plus vite ou toujours plus lentement. On en serait vite à la catastrophe. Et pour comprendre le rôle de chacune de ces composantes du système nerveux autonome dans chaque type de circonstance, il faut pratiquer d'une manière comparable à ce que l'on fait pour étudier la tension.

Rien n'est simple

Tout cela n'a rien de simple mais lorsqu'on aura mieux compris, on pourra sans doute encore mieux traiter certains troubles du rythme cardiaque et de la tension artérielle. En attendant, mieux vaut demander à son médecin de mesurer régulièrement chez nous la tension artérielle, même si nous ne nous plaignons de rien. Une à deux fois par an, si nous nous estimons en bonne santé, ce n'est pas trop. Mais si nous sommes malades, il faut le faire plus souvent.

Dr Rachid Benabdillah
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