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News publiée le 01/03/2015

, diffu-sciences

Trop dormir, c’est partir un peu …

Dormir plus de huit heures par jour pourrait favoriser la survenue d’’un accident cérébro-vasculaire (AVC) selon une étude publiée dans la revue « Neurology ».

Une équipe de chercheurs de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni) a suivi pendant 10 ans 9 692 personnes âgées de 42 à 81 ans, dont la moyenne d’âge était de 62 ans. Ces personnes ont rempli à intervalles réguliers des questionnaires concernant leurs habitudes de sommeil et la qualité de ce sommeil. Une analyse statistiques précise des réponses, tenant compte de nombreux paramètres tels que l’âge, le sexe, le niveau social, l’éducation, la consommation d’alcool, les antécédents familiaux d’AVC, l’usage de drogues hypnotiques, l’activité physique, les antécédents personnels, trouble dépressif, préexistence d’infarctus du myocarde, diabète et usage d’antihypertenseurs.

Paradoxe du trop et du trop peu

Un peu plus de 2.000 personnes ont déclaré dormir moins de 6 heures par jour, près de 7.000 disaient dormir entre 6 et 8 heures et un petit millier ont estimé leurs heures de sommeil à plus de 8 par jour. Tout au long des 10 années de suivi, les auteurs de la recherche ont enregistré 346 AVC, dont 67 mortels. En tenant compte pour l’analyse statistique, des facteurs cités plus haut (âge, sexe, etc.), qui pouvaient interférer avec les résultats, il est apparu que les plus grands dormeurs avaient un risque accru de 46 % d’être victimes d’un AVC hémorragique, par rapport aux personnes de même âge dormant entre 6 et 8 heures. Par contre, l’insuffisance de sommeil (moins de 6 heurs par jour) serait plus liée à une augmentation du risque d’AVC ischémique, ce que nous appelons couramment « thrombose ».

Question à creuser

Il ne faut pas conclure trop vite, font remarquer les auteurs de l’étude eux-mêmes. L’étude, pour intéressante qu’elle soit, ne dit pas tout. En effet, les chercheurs n’ont pas tenu compte de toutes les affections concomitantes, ce qu’on appelle les comorbidités. Pour ne donner qu’un exemple, une affection rhumatismale grave peut donner des douleurs importantes et perturber le sommeil. mais elle peut par elle-même modifier le risque cardiovasculaire. Dans ce cas, ce ne serait pas le manque de sommeil, mais l’affection rhumatismale, qui serait en cause. Des études plus poussees doivent donc être réalisées si on veut en savoir plus. Mais ce qui est certain, c’est que nos rythmes de sommeil et de veille sont très largement modifiés par rapport à ceux du temps où on se couchait avec les poules.



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