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News publiée le 12/03/2015

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Résistance aux antibiotiques

Le Fonds InBev-Baillet Latour soutient l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers dans la lutte contre la résistance aux antibiotiques: 1,35 million d’Euros va lui être attribué pour ouvrir trois chaires et pour renforcer la recherche sur le diagnostic, les traitements et le comportement humain.

Sans médicaments efficaces contre les infections, les soins de santé se retrouveraient au 19e siècle. Ce n’est pas inventer une fiction de dire que la croissance de la résistance aux antibiotiques est mondiale et qu’elle s’amplifie aussi et surtout dans les pays en voie développement. Pour les cinq prochaines années, le Fonds InBev-Baillet Latour (IBL) financera trois chaires à l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers (IMT), pour un total de 1,35 million d’Euros. Les lauréats mèneront une recherche interdisciplinaire sur les causes de cette résistance dans les tropiques, ainsi que sur les solutions biologiques, cliniques et anthropologiques à y apporter.

Une situation dramatique

La résistance aux antibiotiques est un problème urgent en Asie et en Afrique. La mondialisation, les migrations et le tourisme (médical) dans notre pays, nous exposent à des infections bactériennes pour lesquelles il n’existe actuellement pas ou plus de médicaments efficaces. Les conditions sanitaires et socio-économiques qui favorisent cette résistance dans de nombreux pays en voie développement n’ont pas été améliorées. D’ailleurs, jusqu'à très récemment, dans ces pays, ce genre d’infection n’était souvent même pas découvert en raison du manque de laboratoires diagnostiques et d’un personnel qualifié. Le paludisme est souvent le "diagnostic par défaut" en cas de fièvre et les antibiotiques à large spectre sont fréquemment prescrits pour s’assurer qu’aucune infection ne soit omise. Le pharmacien a du mal à trouver des médicaments de qualité fiable, tandis que le patient met ses espoirs dans les antibiotiques qu’il achète sans prescription sur le marché. Bien que dans de nombreux pays, il y ait peu de données fiables, l'Organisation mondiale de la Santé rapporte une hausse à l’échelle mondiale de la résistance de bactéries connues comme Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae et Staphylococcus aureus. Ainsi à Phnom Penh, au Cambodge, un quart des infections graves de la peau dues à Staphylococcus aureus et la moitié des infections intestinales dues à Escherichia coli, sont à présent multi-résistantes. Seuls les antibiotiques de réserve pourront apporter un soulagement mais ils sont chers et souvent non disponibles. Le prix du traitement pour un jour peut facilement s’élever à un mois de salaire.

Une préoccupation majeure

Selon le Pr Bruno Gryseels, directeur de l'Institut de Médecine Tropicale, la lutte contre la résistance croissante aux médicaments requiert des mesures urgentes à plusieurs niveaux, tant sur le plan du diagnostic, de la prescription et de la distribution des antibiotiques, qu’au niveau de la consommation de ces médicaments. Des millions de personnes doivent choisir entre finir un traitement antibiotique et se nourrir. Et il ne faut pas non plus oublier le rôle de la santé animale et des conditions sanitaires dans les centres de santé. Le soutien généreux du fonds IBL permet d’étudier et de se focaliser sur les aspects particuliers de ce problème complexe dans les pays en voie de développement. C’est indispensable car les bactéries ne connaissent pas de frontières et la résistance aux antibiotiques est en passe de devenir une menace mondiale. Alain De Waele, secrétaire général du Fonds InBev-Baillet Latour, souligne que la santé des populations a toujours été une priorité majeure du Fonds. La mobilité internationale a pour conséquence que les infections bactériennes dépassent actuellement les frontières. Le Fonds souhaite par ce don majeur soutenir cette recherche et trouver des réponses appropriées. L'importance donnée à la recherche sur le sida a fait des infections bactériennes une moindre priorité en médecine tropicale depuis les années ‘80. Le problème mondial de la résistance aux antibiotiques a donné à la recherche contre les résistances un nouvel élan. Le financement du Fonds IBL permet à l’IMT de créer trois chaires, chacune soutenant un parcours professionnel de recherche de cinq ans, menant à un poste de professeur ordinaire. Le Pr Stijn Deborggraeve a été nommé à la tête de la nouvelle entité de bactériologie diagnostique dans le département des sciences biomédicales. Deborggraeve et ses collègues développent de nouveaux tests diagnostiques pour le dépistage des maladies bactériennes et de la résistance aux antibiotiques dans les tropiques. Le Pr Koen Peeters dirigera la nouvelle unité d’anthropologie médicale incorporée dans le département de santé publique. Il examinera, entre autres, comment les patients, les agents de santé et les décideurs politiques dans les pays en voie de développement perçoivent l'utilisation de médicaments et le rôle que ces médicaments pourront jouer dans la lutte contre la résistance aux antibiotiques. Le Dr Erika Vlieghe et le Pr Jan Jacobs feront une recherche dans les tropiques sur les stratégies de traitement des patients atteints d’infections bactériennes graves. Leur recherche couvrira le diagnostic en laboratoire, les habitudes de prescription et les conditions sanitaires des hôpitaux. Ces différents axes de recherche s’allient dans un projet pluridisciplinaire commun intitulé "Infections bactériennes dans les tropiques" ou BIT.

Une recherche innovante

De 2008 à 2014 deux chercheurs postdoctoraux prometteurs ont pu, grâce à ce fonds, mener une recherche innovante sur les maladies tropicales négligées, notamment la leishmaniose viscérale ou kala-azar. Ces axes de recherche sont maintenant regroupés sous le dénominateur de la recherche institutionnelle et reçoivent leur propre financement.



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