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News publiée le 13/10/2008

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La douleur est aussi question de naissance et de gènes

Des chercheurs américains et britanniques ont fait des percées majeures dans la nature indéfinissable de la douleur chez l’enfant et l’adulte. Ces découvertes aideront à orienter la gestion et le traitement de la douleur à l’avenir.

Le système nerveux des prématurés et nouveau-nés n’a pas terminé son développement. Des modifications de l’activité nerveuse provoquées par la douleur ou une blessure peuvent donc encore perturber ce développement. Une blessure due à des procédures de soins intensifs et des interventions chirurgicales sur des bébés prématurés peut avoir des conséquences à long terme sur leur sensibilité générale à la douleur. Des tests ont été effectués par W. Suellen et coll. (groupe de recherche sur la douleur en pédiatrie de l’University College London) sur 43 enfants âgés de 11 ans, nés grands prématurés à la 25ème semaine de grossesse environ. Tous ont eu besoin de soins intensifs à la naissance et certains ont même nécessité une intervention chirurgicale lourde. Les enfants devaient appuyer sur un bouton quand ils ressentaient différentes sensations comme le chaud ou le froid. Un autre test mesurait la pression nécessaire pour qu’ils ressentent un effleurement. Ces réponses ont été comparées à celles d’enfants nés à terme et n’ayant pas nécessité de soins intensifs ou d'interventions chirurgicales dans leur jeune âge. Les résultats ont montré que les enfants nés avant terme étaient généralement moins sensibles à la température et que les variations étaient plus marquées chez ceux qui avaient subi une intervention chirurgicale. Cela laisse penser que des modifications à long terme du traitement sensoriel sont survenues, lesquelles peuvent avoir un impact sur la façon dont les enfants répondent ensuite à la douleur. En étudiant l’époque où les enfants étaient en soins intensifs, on note que de nombreux facteurs non spécifiques peuvent affecter le comportement ultérieur et les réponses à la douleur: traumatismes cérébraux, infections et médicaments. L’étude actuelle suggère que des modifications spécifiques apparaissent également dans la façon dont le système nerveux détecte et répond aux sensations de température transmises par de nombreuses fibres nerveuses également impliquées dans la perception de la douleur. Aux Etats-Unis, l’équipe du Pr C. Woolf (Massachusetts General Hospital et de la Harvard Medical School de Boston), en effectuant une série d’études cliniques et de laboratoire sur la variation génétique des patients atteints de douleur chronique, a découvert des gènes présentant des polymorphismes (ou variations) communs plus ou moins associés à la douleur chronique. Elle a identifié une variante génétique qui protège contre la douleur: un allèle (un des deux chromosomes de la paire) fournit à près de 25% des personnes un risque réduit de souffrance, tandis que 3% présentent deux allèles de cette variante et sont hautement protégés contre la douleur chronique. Des recherches précédentes menées sur des jumeaux ont montré que l’étendue de variation de la sensibilité normale à la douleur est héritée à 50-60%. Ces découvertes permettraient de développer des médicaments et d’orienter la gestion et le traitement de la douleur

Dr Rachid Benabdillah
6th Forum of European Neuroscience (12 – 16 july 2008, Genève, Suisse) : la sensibilité à la douleur est influence par la naissance prématurée et par l’hérédité.
http://fens2008.neurosciences.asso.fr/pdf/Press/Monday14/WALKER_WOOLF_FR.pdf
Site en français. Consulté en octobre 2008.


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